Le Roi des Ruines

Le Roi des Ruines

Le Roi des Ruines
Le Roi des Ruines - Tracklist

« Le roi des ruines » est une figure archétypale. On en trouve de tous les types, des artistes, des chercheurs, des explorateurs (Michel Vieuchange), des guerriers, des amoureux, des fous, des visionnaires de toutes sortes…
Ils ont tous en commun de poursuivre une idée comme on poursuit un horizon, c’est à dire en vain et à jamais.Mais par une tension interne, en poursuivant ce prétexte, cette illusion, ils finissent par atteindre un horizon intérieur et d’une certaine manière arrivent à voir de l’autre coté d’eux même.

Cette vision peut les détruire et/ou les transformer mais si sur un certain plan leur vie parait être un échec, sur un autre elle est un accomplissement.

Ce disque ne raconte pas cette expérience et cette transformation… Il en est l’outil.


Paroles

La Joie Noire

Entendu que la beauté a toujours raison
Et qu’il nous faut en être un creuset
L’horreur a son potentiel
C’est le cri
De la magie dans les décombres
Et comme un orchestre
Hurler sa joie noire quand on sombre

Hurler sa joie noire vers le ciel

Avez-vous envisagé la mort sous cet angle ?
Être suspendu dans le néant
Sur un vélo d’appartement
Et votre vie
L’avez-vous vue sous cet angle ?

Hurler sa joie noire vers le ciel

Ai-je vu passer un train ?
Où étais-je dedans ?
Vertige de penser que toute pensée rationnelle est fausse
Par nature
On m’a dit : « Analyse tes rêves, et tu verras qu’ils te parlent »
Et c’est vrai
Il se foutent de ma gueule

Hurler sa joie noire vers le ciel

J’ai sauvé ma naïveté comme un hymen
Par la sodomie
Voilà que la propagande sort par la bouche des enfants
Voilà que ne pas voler, c’est déjà donner
La politique est une garce !
La politique est une garce !
Ils ont autant de raisons d’avoir tort
Que moi d’avoir raison
J’aimerais crever la veille d’un jour comme aujourd’hui !

Hurler sa joie noire vers le ciel
Hurler sa joie noire vers le ciel
Hurler sa joie noire vers le ciel
Hurler sa joie noire

Tromper l’ennui avec une femme
Et puis tromper les femmes avec l’ennui
Gros boutonneux, sois heureux, le monde est une illusion

Hurler

Tu sais que dehors il fait beau
Tu ferais bien d’en prendre de la graine !
Si tu continues, t’as pas fini de m’entendre te décapiter la tête !
Réjouissez-vous ! Même l’horreur a de l’humour !
Mais c’est des enculés ! Dieu !

Hurler sa joie noire vers le ciel
Hurler sa joie noire vers le ciel
Hurler sa joie noire vers le ciel

Je comprends quelque chose qui m’échappe
Ironie d’un repas où l’on ne sert que la table
Et pourtant on est là
Réunis
Dès le matin


Le Roi des Ruines

La beauté que je vois
Tout à coup me regarde
Une force au fond de moi
Me jette à l’avant garde
L’horizon me détruit
A le suivre vraiment
Au désert de rêverie
Il me sert d’aimant

Je suis le roi des ruines

Mon amour est une fable
Et ce fut un coup de foudre
Et son cœur est de sable
Et le mien est en poudre
Que de ruines romantiques
Dans les limbes du temps
Entêtement héroïque
Des amours débutants
J’avance à pas de Lune
Dans ma propre lumière
Ô roi des infortunes
Des ruines et des misères
A lancer sur le ciel
Des mirages éprouvants
Des messages torrentiels
Et des charmes mouvants

Je suis le roi des ruines
Je suis brisé brillant et tranchant sur le plancher
Je suis brisé brillant et tranchant sur le plancher
Je suis brisé brillant et tranchant
Je suis le roi des ruines

La beauté que je vois
Est un rêve orchestré
Un force au fond de moi
La créée trait pour trait
Mes trésors sont dans le regard
Il faut creuser comme dans une mine
D’un regard vous verrez la grâce
De l’autre vous verrez la ruine

Je suis…
Je suis brisé brillant et tranchant sur le plancher
Je suis brisé brillant et tranchant sur le plancher
Je suis brisé brillant et tranchant
Je suis le roi des ruines
Je suis le roi des ruines


Dans la Rocaille

Le soleil court dans la rocaille
Et la mer semble poursuivie
On tend au ciel du linge pâle
Des troupes d’oiseaux s’en vont en ville
Les pieds sur terre et sur la table
Je rêve d’amour dans le silence
D’une femme belle tellement instable
Que mon amour est son absence

Dieu sait que Dieu c’est moi entre autres
Moi entre autres
Dieu sait que Dieu c’est moi entre autres

Un soleil bleu tombe d’en haut
Et met la nuit sous ma casquette
Des cris d’enfants rendent le soir beau
Et font la guerre au rire des mouettes
Je vois des fleurs dans l’invisible
Elles sont belles parce qu’elles nous manquent
J’ai des baisers indestructibles
Dans ma mémoire au goût de menthe
Au paradis y a-t-il des mouches
Ferais-je lever un nouveau jour ?
Le ciel s’envole quand je le touche
Je veux des pleines poignées d’amour

Mais Dieu sait que Dieu c’est moi entre autres
Moi entre autres
Dieu sait que Dieu c’est moi entre autres

Il y a la mort bien heureusement
Tout au sommet de la beauté
Madame est belle
Madame me ment
Madame la mort est apprêtée
Il y a la mort bien heureusement
Tout au sommet de la beauté
Madame est belle
Madame me ment
Madame la mort est apprêtée

Mais Dieu sait que Dieu c’est moi entre autres
Moi entre autres
Dieu sait que Dieu c’est moi entre autres


La Fabuleuse Histoire de Judas Iscariote

J’ouvre le feu
J’ouvre des portes comme on ouvre les yeux
Sur des lumières nouvelles
Des exploits de conscience
J’ouvre des portes dans l’ombre
Où trouver l’invisible ?
Pour commencer, on en respire
Il faut donner des noms aux lumières
Etre en famille dans les rayons
Il faut des couleurs à naître
Et des escadrons d’oies sauvages
Qui créent des flèches dans le ciel
Des directions à suivre dans le chaos

Et des rebonds incongrus
Des ricochets improbables
Des destins calamiteux avec une joie profonde
Il nous faut des souvenirs rigolos
Comme des grenades jetées dans l’horreur et fredonnées
Posons de la musique sur le souffle
Sifflons des hymnes
Quel rêve nous convainc le plus ?
Comment réunir les miracles de la nuit vus mais dévitalisés : « Ce n’est qu’un rêve »
Et les miracles en éveil niés, non vus et vitaux
Comment s’ouvrir le ventre à la merveille
Il y a des canicules révolutionnaires
Des chapes de plomb créatives
Des monstres alambiqués
Qui renversent des ordres oppressifs
Et des remous dans les profondeurs
Qui mettent Ciel et Terre sous la tête
Des œuvres de Dieu d’art abstrait

On s’évertue à donner un sens
On monte sur des échelles de cordes
Accrochées à nos propres épaules
On se contorsionne
On se grimpe sur le corps
On se gravit le sommet du crâne croyant y trouver Dieu
A la fin de nos vies
Dans le désert de nos calvities
On plante un drapeau ridicule
Victoire !

On crée des mouvements de foule baroque
Avec des étendards mystérieux
Des symboles retentissent dans l’éternité
Des échos qui se transforment
Et mènent leurs propres existences
Une foule de visionnaires s’avancent avec des solutions
Tous plus magiques les uns que les autres
Leurs regards exorbités font comme de la mousse

Nos croyances sont telles
Que les lois de la matière n’ont plus de prise
On se marre dans l’horreur
Complices du jeu sacrificiel
On connaît le truc des martyrs
La bonne blague…

Il faut des espoirs à rendre
Et des désirs tels quels
Inassouvis comme des désirs
Il faut de foudroyantes capacités de transformation
Toute idée est autre chose
Il faut courir pour tester le monde
Des tentatives désespérées
C’est ça la vraie force en marche de l’espoir
La seule
Et tous les pièges sont confortables

D’étranges mécaniques battent dans le corps de la foule
Des élans de robots guident la civilisation
On crée des superstructures en lego
Comme des cris d’égo dans la matière
Des poussées acnéiques sur le visage de la Terre
On construit des progrès paradoxaux
Comme un chemin de connaissance
Des tours, des trains, des mines, des ruines
Comme pour s’échapper, à l’horizontale, à la verticale
On gesticule dans la 3D
On court en courbe vers un ailleurs

Quelle puissance dans l’accomplissement
Des forces harmonieuses et contraires du Monde
Il faut se contraindre pour être libre

S’avancer et recevoir des lanternes
Les porter vers le ciel
Créer des astres humblement
Où sont ceux qui savent ?
Ces enfants de la conscience
Les petites mains de la grandeur
Qui a gagné le nom d’ange dans ce climat social ?
Où sont ceux qui vivent dans un horizon dénoué ?

Chacun chante pour soi dans cette foule bigarrée
D’étranges harmonies semblent nommer quelque chose
Un vertige prend corps
Quelque chose se passe
La foule ouvre ses paupières sur l’absence de sens
Et panique dans le néant
Toute la belle idée du Monde est décapitée
Chaque geste reprend son instinct propre
L’incohérence
L’incapacité de maintenir la vie dans une vision du Monde
Voilà toute l’histoire des civilisations
Seul embrasser le vide en conscience
Peut endiguer la panique
C’est au centre de la peur
Comme dans l’œil du cyclone que le calme existe
Et le centre de la peur, c’est la confiance

Mais par la panique, certains ont trouvé le moyen
De grimper sur le ciel
L’Azur se détache comme un rideau
On roule sous la table du Monde
Les océans se déplacent comme sur une toile cirée
Et les villes partent en glissade
Où est passée la belle lucidité qui irradiait le Monde
D’un sourire convaincu ?
Où sont les certitudes posées sur le vide ?
Nous voilà déjà déchus
Le Monde est en cascade de visages tuméfiés
De corps disloqués
D’objets n’ayant aucun sens
Par la violence, le sens se vautre dans l’inconnu
Rendu obsolète et ridicule
Ce fameux sens que des générations de luttes intestines
Et civilisationnelles avaient créé
Ce sens qui nous avait élevé jusqu’à Dieu
Aboli la guerre
Et les lois de la matière
Ce sens n’est rien sans la confiance
C’est ainsi

La lucidité est une erreur heureuse
La confusion une erreur triste
Seule la confiance est juste


Révolution (par épiphanie collective)

Se rendre à l’évidence
L’évidence a gagné
Les médias se tairont
D’un silence partagé
Émeutes de lumière
La ville en branle-bas
Et l’on ne tuera point
Et l’on ne pendra pas

Un orage de bien-être
Un nuage de savoir
Descendra sur la mer
Brisée comme un miroir
Et des langues indicibles
Surgiront de l’esprit
Des mères allaiteront
Le premier qui sourit

Révolution
Révolution

On capturera l’argent
Pour rendre libres les banquiers
Hommes de guerre enculés
En sanglot dans mes bras
Et l’on ne tuera point
Et l’on ne pendra pas
Et l’on saura faire pouce
Au milieu des charniers
Les dieux s’inclineront
De tendresse sur nous
Et la neige tombera bleu
Sur nos cheveux devenus roux

Révolution
Révolution

Et nous ferons la fête
En silence c’est si beau
Le ciel à marée basse
Dévoilera ses coraux
Des couleurs non normées
Bousculeront l’horizon
Et un sens nouveau
Brisera la raison

Révolution
Révolution


Jérusalem

Y’a des forêts de fumigènes
Dessus la ville en commotion
Une âme s’envole les larmes pleines de pollution
Les corbeaux crient qu’ils sont anciens
Le monde d’en haut tombe de sommeil
Des croyants se croient magiciens et couchent le Soleil

Jérusalem assiège le ciel
Jérusalem assiège le ciel

Et chacun tord le bras de Dieu
On cherche à stupéfier son ange
L’amour est la formule des cieux dans les louanges
Mais les deux sexes cherchent ennemis
Des courants d’air sentent la crevette
Dans les coins, des crimes sont commis
Crimes d’amourettes
On cloue l’Esprit au bois des lois
Et la Terre tremble face au mystère
C’est en silence que l’on reçoit de quoi se taire

Jérusalem assiège le ciel
Jérusalem assiège le ciel

Et puis le sang crie sainteté
Chacun veut crever par le haut
Mais dans le ciel le silence fait voler l’oiseau


Smara (hommage à Michel Vieuchange)

Le désert est la source
Un gisement d’étoiles éclaire le silence
Le ciel ouvre ses bras et le silence avance
Le désert est la source du vent

Smara
Smara m’attend à l’aube
Smara

Le désert est la source
De tous les reflets, les miroirs, les mirages
Dans les brumes de chaleur vivent des images
Le désert est la source du rêve

Smara
Smara m’attend à l’aube
Smara, Smara
Smara
Smara m’attend à l’aube
Smara

Le désert est la source
Je suis un couloir dont les murs s’éloignent
L’espace s’emplit de moi et le ciel en témoigne
Le désert est la source du vaste

Le désert est la source
Le désert est en pente, il va vers l’intérieur
Et j’y roule comme une larme sur les joues de mon cœur
Le désert est la source du vrai


Olé

Hurlement de prière dans le ciel occidental
Olé

Chevaucher sous la pluie dans une plaine d’écailles
Avancer dans l’orage avec la foi des marins
Poursuivre d’étranges idées
Attraper des maladies nouvelles
Tomber à genoux pour de bonnes raisons
Se couronner sur la route
Avoir l’épuisement pour repos
Et trouver le terrier du diable
Dans quels extrêmes chercher l’équilibre ?
L’équilibre par le paradoxe
Les miroirs de l’extrême face à face pour créer l’infini du Monde
Ô la mise en faiblesse quand tout nous est donné

Des histoires de volets qui claquent dans la nuit
La terreur terrée sous le quotidien
Un millième de seconde pour passer de la norme à la panique
De quoi la norme est-elle l’illusion ?
Cette illusion qui tend des ponts sur les abysses de la vie
La grande et admirable création de l’homme : ses illusions
Inventeur de prisons
L’homme n’a pas créé Dieu mais tout le reste

S’avancer dans une forêt de coups de fusils
Tout est arqué et tendu
La plage est un charnier
C’est que tout a raison en même temps
La guerre où on court comme à un concert
On massacre des violons dans la baie
Tout est plié et incompréhensible
Des cités de clochers heurtés par les vagues
Des couchers de soleil qui ricochent sur la mer
Pourtant on sent qu’à tout moment un sourire peut fendre le ciel
Mais l’absolue beauté est irrecevable
Elle est un état de conscience où le corps ne peut pas suivre
Objectivement, voir la beauté tue

Ai-je vu passer une lanterne à l’orée du vieux bois ?
Et qui crache ses glaires dans l’ombre du train qui passe ?
Et ce vent, comme de la vaisselle éclatée sur les murs
Qu’y a-t-il dans le fossé ?
Des histoires de fièvre
Des complots de lueur
Dis-moi enfant, de quoi as-tu peur ?
Ouvre-toi enfant
Les protections sont innombrables mais le danger les annule toutes

Il y a de l’humour tout au bout de la fatigue
Olé

Un rire de cette femme et le monde est en paix
Nos visages rougissent sous des astres d’émotion
Sa peau est un amour
On s’embrasse comme derrière un rideau
Les doigts pleins de confiture
On est dans le salon d’un être accueillant
Avec des meubles beaux et simples comme la Lune
La lumière est rasante
Des naissances et des morts
Olé

Les rayons nous touchent du doigts
Des mains nous passent dans les cheveux
Agiles et tendres comme des anges
Ca bruisse
On dirait que le monde est en jupe
La lumière est un murmure
Le soir est gigantesque
Des secrets révélés montent comme une sève nouvelle
La Joie
La Joie joue
Elle joue
Elle joue à se faire peur
A se faire jouir
A se faire mal
A pleurer
Elle joue dans le labyrinthe des sens

Le premier jour la Joie créa l’amour déçu
Et vit que cela était bien
Écueils de succès en vue
Superbe élan d’enthousiasme contre le platane
Deuxième jour
La Joie créa le sarcasme
Et vit que cela était bien
Des fleurs nous poussent dans les caries
Puis la Joie créa le chagrin
Le désir, les câlins, la victoire, les blessures, les souvenirs
Elle créa la mort, l’horreur et l’ennui
Et vit que cela était bien
L’écume a une âme
C’est la mort qui permet un câlin
Songez à la tiédeur visqueuse d’un baiser sans le temps
Donc la mort
La Joie créa la mort
Et vit que cela était bien
Elle aime casser des verres dans les moments de joie

Et tous ces débats sur le sens de la vie
Tout le monde le connaît, le sens de la vie
La dignité par la conscience
C’est simple
La vie a un sens et tout le monde le connaît

L’innocence est le fantôme de l’Eden
La porte, c’est l’émerveillement
Tous les paradoxes enfin résolus
Le Soleil est levant, couchant et au zénith
Il pleut des échelles
Et chaque étoile est filante
On monte dans l’insaisissable
L’extravagante évidence
Une soif jusqu’alors imperceptible s’étanche miraculeusement
Des abysses de ciel bleu
Le rond de nos rires dans l’éther du temps
Et nos peaux constellées de tétons
On sort du désert en larmes avec la grâce entre les mains
Les bras chargés de fruits et courant à travers champs
Comme des enfants allant nourrir d’autres enfants
Un vaisseau de conscience dépose son chargement aux pieds d’une reine
Viens faire l’amour sur la table du banquet mon amour
La justesse dans le geste à jamais

Je te fais signe de la main dans le noir
Je suis un passeur de gestes
Est-ce l’autorité du chemin qui me fait traverser ce désert ?
Ou me suis-je perdu ?
Mais des comètes tracent un trait dans le ciel qui s’efface aussitôt
Et c’est justement là que l’on glisse nos vœux
Combien voyage un vœu lancé dans l’espace ?
Et que mettons-nous dans un vœu ?
Presque tout

On se met tout entier dans un trait de lumière
Olé
Soyez des enfants dans la neige